L’aspect socioـéconomiques de la désertification dans la région sud de la wilaya de M'sila
Loading...
Date
Authors
Journal Title
Journal ISSN
Volume Title
Publisher
UNIVERSITE MOHAMED BOUDIAF - M’SILA
Abstract
Cette étude visait à analyser l’impact de la désertification sur les aspects socio-
économiques de la région sud de la wilaya de M’Sila. À cette fin, une méthodologie intégrée
de collecte de données a été adoptée, appuyée par une enquête de terrain menée dans la zone
d’étude afin d’identifier les répercussions socio-économiques de la désertification.
Les résultats ont montré que la zone d’étude se caractérise par un climat aride, marqué
par un déficit pluviométrique important et une forte irrégularité des précipitations entre les
saisons et les mois, les valeurs les plus faibles étant enregistrées en été. Cette situation a eu des
répercussions négatives sur la stabilité des activités agricoles et des parcours naturels.
Concernant les conditions socio-économiques de la région, les résultats ont révélé
plusieurs insuffisances en matière de développement, notamment des infrastructures
inadéquates dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Le secteur de l’éducation souffre
d’une couverture insuffisante, caractérisée par un manque d’établissements scolaires et de
moyens de transport, ce qui limite considérablement l’accès des filles à l’enseignement
supérieur. Quant aux services de santé, ils se caractérisent par une grave pénurie de personnel
médical, notamment de médecins et de spécialistes, ainsi que par un manque d’infrastructures
hospitalières, ce qui affecte la qualité des soins prodigués à la population.
Les résultats de l’enquête ont également montré que l’ensemble des participants étaient
des hommes (100 %), aucune femme n’ayant participé, ce qui confirme la prédominance
masculine dans le secteur agricole de la région. En ce qui concerne l’âge, la majorité des
agriculteurs interrogés étaient âgés, tandis que la participation des jeunes demeurait très faible,
traduisant un désintérêt croissant pour l’agriculture au profit d’autres activités. Par ailleurs, un
taux élevé d’analphabétisme (56,5 %) a été observé parmi les agriculteurs, contre un faible
pourcentage de diplômés universitaires, reflétant ainsi le faible niveau d’instruction dans le
secteur agricole.
L’agriculture constitue l’activité principale des participants à l’enquête et représente
environ 83 % de leurs revenus, ce qui souligne la forte dépendance de la population locale à ce
secteur. Quant au niveau de vie, la majorité des répondants (74 %) le juge insuffisant, traduisant
des conditions économiques et sociales difficiles. La production végétale représente l’activité
dominante, tandis que certaines exploitations associent culture et élevage.
Les résultats ont également confirmé la présence du phénomène de désertification dans
la zone d'étude, constat partagé par l’ensemble des participants à l’enquête. Cela montre que ce
phénomène constitue désormais une réalité tangible pour les populations locales. L’apparition................................................................................................................................... Conclusion
44
des dunes de sable est perçue comme le principal indicateur de désertification, accompagnée
d’une diminution du couvert végétal. La majorité des habitants estime que la désertification
s’est propagée rapidement au cours des dernières années, ce qui témoigne d’une prise de
conscience croissante de ses effets et d’une aggravation progressive du phénomène.
Les résultats de l’enquête montrent également que la désertification exerce un impact
négatif important sur la productivité agricole dans la zone d’étude. L’ensablement des terres
cultivées apparaît comme l’effet le plus visible de ce processus, entraînant une baisse des
rendements agricoles et une dégradation progressive des sols.
Sur le plan socio-économique, la diminution des revenus agricoles constitue l’un des
principaux effets ressentis par la population, suivie par l’intensification du phénomène de
migration rurale vers les centres urbains. La plupart des habitants ne se considèrent pas comme
des acteurs directs de la désertification, bien que certains reconnaissent que certaines activités
humaines contribuent à son aggravation.
Les résultats montrent également que la dégradation des parcours résulte de l’interaction
entre les facteurs climatiques et les pressions anthropiques, telles que la surexploitation des
ressources et les pratiques pastorales non durables. L’analyse des activités économiques révèle
que l’agriculture extensive et non adaptée constitue l’un des principaux facteurs de dégradation
des terres, avec des répercussions sur les prix des produits de consommation, notamment les
céréales et les produits carnés.
Enfin, la crise persistante du secteur agricole, marquée par la baisse de la productivité,
la hausse des coûts de production et l’insuffisance des infrastructures, est identifiée comme l’un
des principaux facteurs de l’augmentation des flux migratoires ruraux vers les zones urbaines.
Cette situation accentue davantage la vulnérabilité socio-économique des populations rurales.
Dans ce contexte, plusieurs solutions ont été proposées pour lutter contre cette
désertification :
• Réduire le surpâturage.
• Apporter un soutien financier et technique aux agriculteurs afin de renforcer leur
stabilité économique.
• Utiliser des technologies agricoles adaptées pour limiter la dégradation des sols.
• Reboiser et restaurer le couvert végétal afin de freiner la désertification.
• Améliorer les infrastructures rurales, notamment dans les secteurs de la santé et de
l’éducation, ainsi que les conditions de vie des populations.
• Assurer une gestion efficace et durable des ressources en eau.
• Sensibiliser les communautés locales aux dangers de la désertification